Kirghizistan : projet de promotion de la santé - le modèle élaboré par la DDC fait des émules

Projet terminé

Il est au Kirghizistan un projet de santé qui, mené par la Suisse, a valeur de modèle. Porté par les communautés villageoises, il vise à la promotion de la santé; son succès lui a valu d’être élargi à l’échelle du pays, de sorte que deux millions de personnes en bénéficient aujourd’hui. 

Pays/région Thème Période Budget
Kirghizistan
Santé
Système de santé primaire
Renforcement des systèmes de santé
01.04.2011 - 31.03.2014
CHF 4'865'000

«Que vous faut-il pour rester en bonne santé et mener une vie saine?» Telle a été la question à l’origine de l’engagement de la DDC dans le domaine de la santé publique au Kirghizistan. Convaincus de la nécessité d’une collaboration étroite avec la population pour parvenir à un résultat durable, les experts suisses en matière de santé ont préféré le dialogue interactif aux solutions toutes faites. Il est en effet capital de laisser les villageois définir leurs propres priorités en matière de politique de santé plutôt que de vouloir leur imposer un concept de promotion de la santé.

Un projet porté par la communauté villageoise

La mise en œuvre du projet de la DDC est, depuis 1999, confiée à la Croix-Rouge suisse. Sous la conduite de médecins de famille spécialement formés à cette tâche, les villageois ont dressé l’inventaire des affections les plus fréquentes et procédé à leur classement en fonction de leur occurrence. Un premier sondage mené dans la province de Naryn a révélé la séquence suivante: maladies cardiovasculaires, fièvre de Malte, grippe, maladies des organes génitaux, problèmes dentaires, alcoolisme et tabagisme. La population considère en outre que les facteurs essentiels de promotion de la santé sont l’accès à une alimentation saine, l’accès à l’eau potable, l’édiction de prescriptions d’hygiène et la simplification de l’accès aux principaux médicaments.

Mesures concrètes appliquées sur la base de propositions

Afin de voir leurs suggestions mises en œuvre de façon concrète, les villageois désignent au sein de leur communauté des représentants appelés à participer à des comités de santé. Ces derniers élaborent, sous la conduite d’experts, un train de mesures dont les moyens financiers mis à disposition par la Suisse permettent la mise enœuvre progressive. Font ainsi l’objet d’une promotion active la consommation de sel iodé, la culture de légumes, la prévention de la fièvre de Malte, l’amélioration du traitement des maladies urogénitales et la réduction de l’abus d’alcool. L’alcoolisme, notamment, constitue un problème grave, comme l’ont précisé dernièrement les représentants des comités de santé dans une lettre ouverte aux candidats au Parlement: «L’un des principaux objectifs des comités de santé consiste à lutter contre l’alcoolisme au sein même des villages. (...) L’alcool est un danger pour la santé, menace l’avenir de nos enfants (…) et condamne la population à la pauvreté.»

Le projet a fait des émules

Grâce aux améliorations concrètes qu’il a apportées au niveau de la situation sanitaire en milieu rural, le projet suisse a fait parler de lui. Son succès a conduit à l’élargissement de son application (limitée à l’origine à la région de Naryn et de Talas) à d’autres régions du Kirghizistan. Cette expansion est le fruit de l’implication de nouveaux donateurs, tels que l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID) et l’Agence suédoise de coopération internationale au développement (ASDI). Suite à l’adhésion de l’ASDI en 2006, le projet anciennement nommé Community Action for Health a été rebaptisé Kyrgyz-Swiss-Swedish Health Project (KYSS), programme de promotion de la santé dont bénéficient actuellement près de deux millions d’individus.

Participation de l’Etat

Le gouvernement kirghize a reconnu l’importance de ce programme et intégré les principaux éléments du KYSS dans la stratégie nationale de santé. Initié par la DDC, le projet a donc déclenché un important processus de réforme qui contribue à améliorer – en termes de durée et d’envergure - la situation sanitaire au Kirghizistan.