75 ans des Nations Unies

26.06.2020

Genève, 26.06.2020: Discours du conseiller fédéral Ignazio Cassis à l’occasion des 75 ans de la signature de la Charte des Nations Unies - Seul le texte prononcé fait foi

Orateur: Cassis Ignazio; Chef du Département, Ignazio Cassis


Madame la Directrice générale de l’Office des Nations Unies à Genève (Tatiana Valovaya),
Mesdames et Messieurs les Secrétaires généraux,
Mesdames et Messieurs les Directeurs,
Madame la Conseillère d’Etat (Nathalie Fontanet),
Madame la Vice-présidente du Conseil administratif (Frédérique Perler),
Excellences,
Mesdames et Messieurs,

Au sortir de la Deuxième Guerre Mondiale le monde est en ruine. Pour le reconstruire, il faut chercher un nouveau modèle de gouvernance.
Les Etats cherchent une voie pour éviter que de telles atrocités puissent se répéter. L’ONU en est la réponse. C’est ainsi qu’est signée, le 26 juin 1945, à San Francisco, la Charte des Nations Unies.

Il y a donc 75 ans que sont définis les grands principes des relations internationales : de l'égalité souveraine des États à l'interdiction d'employer la force dans ces relations. Dans son préambule, la Charte proclame «Nous, peuples des Nations unies, sommes résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre […], à proclamer à nouveau notre foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité de droits des hommes et des femmes, ainsi que des Nations, grandes et petites».
75 ans après l’annonce de cet objectif ambitieux, l’ONU peut se targuer de certains succès.

Malgré les apparences, jamais le monde n’a été aussi peu violent, l’éducation a progressé et la faim a reculé. Ces acquis ont été possibles grâce à des décisions prises par l’ensemble des Etats membres, aujourd’hui au nombre de 193. Parmi les décisions importantes, je cite le processus de décolonisation, l’action humanitaire, le système des droits de l'homme, les missions de la paix et l’Agenda 2030 pour le développement durable.

Pourtant, ce n’est pas un anniversaire qui incite à des célébrations joyeuses. En raison de la Covid-19, l’ensemble des Etats fait face aux effets négatifs d’une crise sanitaire et économique majeure. Pour vaincre cette pandémie qui a infecté plus de huit millions de personnes et causé plus de quatre-cent-mille décès, une forte coopération entre Etats est essentielle. Le système des Nations Unies s’est engagé fortement pour en atténuer tant les souffrances que les conséquences socio-économiques.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a travaillé sans relâche pour garantir un accès équitable aux outils de prévention, de détection et de traitement de la Covid-19. On peut dire que la gouvernance de la crise a été centralisée ici, à Genève.
Genève est le cœur du système multilatéral. Les quarante-et-une (41) organisations internationales qui y ont leur siège œuvrent pour le bien de chacun. La coopération entre ces organisations et leurs Etats membres est fondamentale pour un pays comme la Suisse qui défend un ordre mondial fondé sur des règles.

Mesdames et Messieurs,

Cet anniversaire n’est pas qu’une célébration. Il est aussi une occasion de réfléchir sur «l’avenir que nous voulons, l’ONU dont nous avons besoin». Dans un monde en évolution, les institutions doivent elles aussi évoluer pour ne pas s’effacer.
L’ONU ne fait pas exception à la règle. Le train de réformes lancées par le Secrétaire Général est nécessaire pour faire face aux défis de notre époque.

La Suisse y contribue sur plusieurs fronts:
a. par la stratégie 2021-24 sur la coopération internationale;
b. par le soutien des réformes onusiennes sur le terrain;
c. par l’amélioration de la coopération entre l'ONU et d'autres organisations internationales et régionales;
d. par la prévention des conflits et la défence des droits de l'homme;
e. par une plus grande transparence, ouverture et responsabilité du Conseil de Sécurité.

Cet engagement en faveur d'un monde plus juste, plus pacifique et, donc, plus vivable est la base de notre candidature à un siège au Conseil de Sécurité des Nations unies pour les 2023 à 2024.

Au Conseil de sécurité, nous voulons être un Plus pour la Paix. Voici dévoilé le slogan de notre candidature: « La Suisse. Un Plus pour la Paix – Switzerland. A plus for peace. »

Pour conclure, Mesdames et Messieurs,

Nous sommes réunis ici pour célébrer un anniversaire important, mais surtout pour continuer de construire un avenir qui profite à tous. A cette occasion, la Suisse est fière d’offrir à l’ONU une fresque de « landart » de l’artiste Saype, représentant deux enfants dessinant le monde de demain selon leur imagination.

L’œuvre de Saype, intitulée « World in progress », se veut un geste poétique, politique et écologique. Comme il le dit lui-même : « Nos vies et nos actes sont voués à être des traces de notre passage en ce monde, à nous de savoir quoi en faire ».

En ce jour anniversaire, ce message est certes biodégradable (la peinture bio de la fresque s’en ira au fil de la météo), il n’en est pas moins durable, car il reflète les valeurs qui dessinent notre futur à tous.

Merci beaucoup de votre aimable attention et Joyeux anniversaire à l’ONU!


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