Le contexte économique

Si dans les années de crise socio-politique, le développement économique du pays a stagné voir même régressé, dès 2012 les chiffres de croissance reflètent de nouveau ceux d’un pays en nette reprise et se situent juste sous la barre des 10%. Dès 2015, l’ambition du Gouvernement actuel est d’ailleurs de parvenir à maintenir un taux de croissance à deux chiffres, de manière stable, jusqu’en 2020, afin de pouvoir faire partie des pays émergents cette année-là, le grand objectif du Président Alassane Ouattara. La Côte d’Ivoire renforce son statut de centre économique de l’UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine), dont elle représente près de 40% de la masse monétaire et vise en compagnie du Nigéria à être l’un des deux pôles économiques de toute la région Afrique de l’Ouest. Le pays est redevenu très attractif pour les investisseurs, aussi bien locaux qu’extérieurs. Le Gouvernement ne lésine pas sur les grands projets afin d’affermir cette situation (construction de l’autoroute Abidjan – Yamoussoukro, ouverture du 3ème pont à Abidjan, projets réalisés en 2013 et 2014 notamment). Un autre signe de cette renaissance économique du pays est l’adoption du budget 2015 qui pour la première fois dépasse la barre historique et symbolique de 5'000 milliards de FCFA, s’établissant à 5'014 milliards de FCFA. Cela  traduit une croissance de 72% depuis 2010 et une hausse du budget de 13,8% entre 2014 et 2015. 

Malgré ce boom économique, le taux d’inflation est resté étonnement bas en 2013 (2,6%). Mais le coût de la vie reste l’un des plus élevés en Afrique (principalement dans la capitale économique Abidjan) et le taux de pauvreté reste très élevé avec 40 personnes sur 100 vivant  sous le seuil de pauvreté. De même, la Côte d’Ivoire reste dans le peloton de queue en ce qui concerne le développement humain (168ème rang sur 187 pays).

Le commerce extérieur et les principaux partenaires commerciaux

Même durant la crise, la Côte d’Ivoire a toujours été le seul pays au sein de l’UEMOA à avoir eu une balance commerciale positive. Dès 2013, toutefois la tendance s’est inversée, en raison des importants flux d’importations qu’engendrent les gros projets d’infrastructure entamés en 2013/2014.

Le principal destinataire d’exportation sont Les Pays-Bas (11%), en raison du port de Rotterdam où une grande partie des exportations ivoiriennes en partance pour l’Europe arrivent et sont dédouanées. Ce pays est suivi par les Etats-Unis, la France, l’Allemagne et enfin les pays africains avec en tête le Ghana et le Nigéria.

Les importations viennent majoritairement de France (près du tiers de l’ensemble de celles-ci), de Chine (28%), du Brésil, des Etats-Unis et du Nigéria.

Economie de la Côte d'Ivoire

Premier producteur mondial de cacao et deuxième de noix de cajou, petit exportateur de pétrole et doté d’une industrie manufacturière importante, la Côte d’Ivoire exerce une influence économique considérable dans la sous-région. Le potentiel de création de valeur ajoutée reste pourtant encore largement inexploité, l’essentiel des phases de transformation des produits se faisant à l’extérieur du pays. La noix de cajou, par exemple, est exportée jusqu’au Vietnam pour y être usinée et y arrive souvent cassée (entre 30% et 40%), entraînant une décote. Le Gouvernement cherche à y remédier et s’est fixé des objectives ambitieux  d’augmentation des taux de valeur ajoutée localement.

Les deux piliers principaux de l’économie ivoirienne sont l’agriculture et le secteur de l’énergie. 70% de la population active l’est dans le domaine de l’agriculture et notamment dans la culture du cacao, dont la Côte d’Ivoire reste le principal producteur/exportateur au monde. Les autres principales branches de l’agriculture sont la noix de cajou, le café, l’huile de palme, le caoutchouc, les fruits tropicaux et le bois. D‘importantes cultures de coton et de tomates se trouvent également au nord du pays. Durant les années de crise, la politique agricole des gouvernements successifs a été très chaotique et les cultures, notamment du cacao et du café en ont particulièrement pâti. Les planteurs ont délaissé ces plantations, au profit du caoutchouc notamment. Mais à partir de 2013, le Gouvernement Ouattara a pris conscience de la gravité de la situation et a décidé des mesures pour encourager à nouveau la culture du café/cacao. Il a notamment augmenté de 100 FCFA (de 750 à 850) le kilo de fèves de cacao prix au sol, ce qui représente une aide considérable pour les petits producteurs.

Les relations économiques entre la Suisse et la Côte d'Ivoire

La Suisse est un partenaire économique très important pour la Côte d’Ivoire. En 2013, notre pays était même le 3ème investisseur en Côte d’Ivoire, derrière la France et le Royaume Uni. En 2014, les investissements suisses n’ont pas baissé, au contraire, certaines entreprises telles que Socimat (Holcim), ABB ou encore Oryx (gaz) les ont augmentés de manière très importante.

La Suisse jouit donc d’une forte présence en Côte d’Ivoire. Plus de 35 entreprises y sont représentées et participent à l’économie ivoirienne, tels que Nestlé, Socimat (Holcim), SGS, MSC (Mediterranean Shipping Company), ABB, Barry Callebaut, Energy Consulting (ECG), Syngenta, Roche, Novartis, YooMee, Oryx, Bühler, Sisag ou Cotecna.

Les échanges commerciaux entre la Suisse et la Côte d’Ivoire sont relativement peu élevés. Ils sont toutefois en nette augmentation en ce qui concerne les exportations suisses vers la Côte d’Ivoire alors qu’ils sont en légère baisse en ce qui concerne les importations. En 2013 la Suisse a exporté des marchandises pour la somme de 43'105'808 CHF, en augmentation de 90,6% par rapport à 2012, alors qu’elle a importé pour 32'402'874 CHF de Côte d’Ivoire, soit une baisse de 3%.

Les principales exportations sont des machines, des produits chimiques et pharmaceutiques et dans une moindre mesure de l’horlogerie, bijouterie. Les importations sont presque exclusivement agricoles (denrées alimentaires).