Empfang zum zehnten Jahrestag des Schweizer UNO-Beitritts

10.09.2012

Palais des Nations, Genf, 10.09.2012 - Rede von Bundesrat Didier Burkhalter - Es gilt das gesprochene Wort

Monsieur le Secrétaire général, Madame,
Mesdames et Messieurs,
Et chers amis de la Suisse et de l’ONU,

Voici 75 ans que le Palais des Nations est chez lui en Suisse. Et voici 10 ans que la Suisse se sent – à nouveau - pleinement chez elle au Palais des Nations. Nous avons donc un plaisir tout spécial à vous y accueillir ce soir, plaisir rehaussé par la présence du secrétaire général Ban Ki-moon et Madame, que j’aimerais saluer tout particulièrement.

Tout à l’heure, le Secrétaire général a reçu le cadeau de la Suisse à l’ONU pour les 10 ans de son adhésion. Nous ne voulions pas offrir la seule cérémonie d’un soir, mais viser la durabilité, dans cette ville qui est une des capitales mondiales des organisations consacrées à l’environnement et au climat.  Un cadeau durable. Un cadeau qui a du piquant. Mais un cadeau également tout en douceur.

Le parc de l’Ariana est géré en développement durable. Nous avons pensé qu’il serait bon que des colonies d’abeilles s’y sentent chez elles ; et grâce à la proximité du lac, je pourrais presque dire qu’elles devraient y être « comme un poisson dans l’eau »... Les ruchers Suisses sont donc désormais installés dans les jardins de l’ONU. 500'000 abeilles y voleront et y produiront annuellement environs 700 kilos de miel. Sur chaque ruche est imprimé un objectif à la fois de la Suisse et de l’ONU : la « Paix »,  les « Droits de l’homme » ou encore l’« humanitaire ».
Le miel provenant des deux récoltes annuelles servira à l’ONU et au DFAE comme cadeaux à offrir aux visiteurs. Les ports porteront l’inscription « Pour un Monde plus Doux » écrit dans les 6 langues officielles de l’ONU. Nous enverrons chaque année le premier pot au pays qui a parrainé l’adhésion de la Suisse voici 10 ans devant l’Assemblée générale, la France (à qui j’ai eu le plaisir d’annoncer cette « douce nouvelle » la semaine dernière à Paris).

Ce cadeau durable a été rendu possible grâce à l’engagement du Centre de formation professionnelle de Lullier (qui fêtera, lui, son 125ème anniversaire dans 12 jours), de la Société genevoise d’apiculture et des services de l’ONU Genève. Un grand merci à eux !

Ces ruchers sont aussi une manière de rappeler l’engagement de la Suisse dans le monde : ainsi, par exemple, à travers des projets à Madagascar et au Kenya, la Suisse contribue à des projets d’apiculture durable. Et à travers les recherches des scientifiques du centre fédéral Agroscope, elle a développé une expertise pour lutter contre le parasite (Varroa Destructor) qui est responsable en partie du déclin actuel des colonies d’abeilles dans le monde.

Mesdames et Messieurs,
C’est par de multiples actions locales, décentralisées, alliant la recherche de pointe aux projets de développement ruraux et locaux, que la lutte pour la survie de l’apiculture pourra se développer. Cela symbolise bien ce que la Suisse veut faire au sein des Nations Unies : contribuer à résoudre des problèmes concrets, pas à pas, en alliant nos forces à
celles de nos partenaires. En traitant les problèmes à la racine et en utilisant les progrès de la science et de l’innovation. Le fait d’associer un centre de formation de jeunes en apprentissage à ce projet est encore un autre symbole fort de notre engagement pour l’avenir.

Mesdames et Messieurs, les abeilles suisses venaient butiner les fleurs du parc de l’Ariana bien avant qu’il y ait un « rucher suisse ». De la même manière, la Suisse était déjà active à l’ONU avant d’en être pleinement membre depuis « seulement » dix ans, suite à deux votations populaires.

Le gouvernement suisse et, nous l’espérons vivement, les Suisses tirent un bilan positif de notre adhésion pleine et entière. La place de la Suisse dans l’ONU semble naturelle aujourd’hui. A tel point que personne ou presque n’imagine que nous n’y sommes que depuis dix ans. Tant mieux ! Nous avons pu rapidement développer notre action en respectant et en valorisant les principes de notre politique étrangère: la neutralité, la solidarité et la responsabilité.

Pourtant, il reste tant à faire que nous ne pouvons pas nous arrêter pour nous réjouir des petits progrès qui ont été faits pour l’humanité : Nous ne devons pas faire un arrêt sur image, nous devons nous projeter sur l’avenir ; nous devons regarder tout ce qu’il reste à faire, les millions de fleurs qu’il faudra butiner pour rendre notre monde réellement plus doux et tout simplement (même si ce n’est pas simple…) meilleur.

L’Etat du Monde nous oblige. L’ONU nous aidera à aider le monde. Elle nous y aidera d’autant plus si on améliore d’abord l’ONU, une institution que nous voulons moderne, légère et agile ; que nous voulons toute orientée vers un idéal : celui d’effacer la tristesse infinie que l’on doit trop souvent lire dans le regard des enfants parce qu’ils sont pris au piège des conflits.

Dans cette 2e décennie qui s’ouvre à elle, la Suisse veut s’engager en priorité pour la réforme de l’institution et pour la sécurité humaine.  En une phrase : pour que ce qui se passe en Syrie ne puisse plus se passer de la même manière…   

Mon épouse et moi-même sommes heureux de célébrer cette étape avec vous. Ici à Genève, le 2e centre des Nations Unies, une position que nous voulons renforcer car nos sommes convaincus que Genève est utile pour le monde, d’ailleurs encore davantage si elle peut accueillir prochainement le Fonds vert pour le climat.

Mesdames et Messieurs,
C’est Victor Hugo qui avait écrit un jour que si « la vie est une fleur, l’amour en est le miel ». Je forme le vœu que le cadeau du cœur de la Suisse à l’ONU soit la traduction de la passion de ce pays et de ses habitants pour les droits de l’homme et pour la paix.

Merci de votre attention, de votre présence et de votre amitié et bonne soirée !


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